MAREUIL SUR BELLE

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Mareuil se raconte ..... en histoire


MAREUIL RUE DU CHATEAU

On a réaménagé la rue du Château à Mareuil. C'est le moment de s'intéresser à quelques points d'histoire pour retrouver un aspect très ancien de cette voie.

1811 – Monsieur du Reclus convoque l'inspecteur de l'enregistrement pour faire constater qu'il faut reconstruire sa maison (actuellement 13 rue du Château) et qu'il en est aux finitions : la clôture sur la rue. Il fait alors remarquer que loin d'empiéter sur le domaine public, la nouvelle clôture donne à la rue une largeur qu'elle n'a jamais eue.

Cette largeur quelle était-elle ? La maison d'en face (18 rue du Château) nous donne la réponse. La rue était particulièrement étroite !!!

Sous la Restauration, d'importants travaux sont entrepris : le tracé de la route d'Angoulême – Périgueux est modifié en plusieurs endroits. La traversée de Mareuil devait être un problème. Alors, tout un côté de la rue est frappé d'alignement. Les vieilles maisons du Moyen Âge perdent leur façade et de nouvelles façades sont édifiées en retrait.

L'intérieur des demeures est bouleversé. Quand les vieux escaliers à vis (en pierre ) sont conservés, ils se trouvent juste derrière la nouvelle façade. C'est le cas au 14 et au 18. Au 14, les pièces de façade sont tronquées et quasiment inutilisables. Les caves sont en partie remblayées et les soupiraux s'ouvrent souvent sur les trottoirs. Ce qu'on a perdu sur la rue, on le récupère sur l'arrière, d'où l'aspect chaotique des maisons où l'on distingue encore parfois des toitures du XVII ème siècle.
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MAREUIL VILLE FORTIFIEE

J'ai déjà parlé de l'élargissement de la rue du château au début du XIXème siècle. Les habitants du côté de la Belle agrandirent leurs maisons au détriment des fortifications et il ne reste pratiquement plus rien de ce côté. Le dispositif défensif des murailles était complété par des circulations intérieures très intéressantes dont il reste des vestiges : tout d'abord des caves qui communiquent entre elles. Ce système est resté vivant dans la mémoire des Mareuillais qui parlent de souterrains. Ces caves existent en partie sous les maisons du côté ouest de Mareuil. On peut en voir des exemples « Chez Mia » où était une très vieille auberge. Là, le mur de la cave a été aménagé pour recevoir des boutiques. A côté, chez le docteur Clément-Colas, monsieur Soumagnac, lors de la restauration de la maison, se refuse à combler la cave : «une cave ne se comble jamais ». Ce sage avis n'a malheureusement pas été entendu par bien des Mareuillais, et encore très récemment une cave a été comblée, place de l'église. Bien des villes possédaient des systèmes de ce genre. Elles sont en train non seulement de les sauver : elles les mettent en valeur (à Limoges, par exemple) Naturellement, le danger passé, des murs de séparation furent construits. Mais il faudrait faire un recensement de tout ce qui reste pour empêcher la disparition de ces témoignages de notre histoire. A l'Est, existe un dispositif différent : les maisons communiquaient entre elles ! Là aussi, on fait disparaître les vieilles communications, mais souvent de façon sommaire. Madame Serra montre à ses amis comment sa maison communique avec ses voisins. Il y a aussi des traces très visibles entre le 4 et le 6 de la rue du Château. Je le répète, un recensement de tous ces vestiges est absolument nécessaire avant qu'il ne soit trop tard. Comment n'y aurait-il pas à Mareuil des retraités (ou autres) qui se chargeraient de l'enquête. Pourquoi laisserions-nous disparaître des témoins de notre histoire à tous ? En avons-nous le droit ? J'attends vos suggestions…
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LE CHATEAU

On reprend continuellement, à la suite de Jean Secret, l'expression « Château de plaine » pour qualifier le château de Mareuil, comme si c'était quelque chose de rarissime. Or cette localisation en plaine n'a rien d'exceptionnel : tous les châteaux, loin de là, n'étaient pas construits sur des éminences….

Alors, pourquoi le château est-il construit là où il est ?

Un œil exercé peut très bien répondre à cette question, si on regarde du haut d'une tour de l'édifice. Le château de Mareuil a une position remarquable à la jonction des deux routes.

D'abord la très ancienne route Périgueux – Angoulême, sans doute d'origine romaine ; Son tracé est resté très net dans le paysage : par exemple de La Rochebeaucourt à Mareuil par Verdinas, Sainte Croix, Saint Priest et de multiples toponymes (noms de lieux) comme les Marthres prouvent l'ancienneté de la voie.

Elle traverse Mareuil et son tracé est visible vers Montbreton , La Plagne, etc …De cette voie part une autre route vers Nontron et le Limousin. On en voit encore le tracé le long du faubourg Gissou, elle passe à Malignas, monte vers Mandaga où elle est encore matérialisée par une haie et un chemin. - .. passe au pied du château des Bernardières qui surveillait l'entrée de la Châtellenie de Mareuil.

Le château de Mareuil surveillait donc l'entrée en Périgord, l'accès vers Angoulême et vers le Limousin. C'est pourquoi il a joué un grand rôle pendant une partie de la guerre de 100 ans.
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LES MOULINS

Le moulin à eau existe depuis longtemps, sans doute depuis le 1er siècle avant J.C.. Des fouilles nous ont révélé, prés d'Arles, une meunerie industrielle (déjà), fournissant en farine l'armée romaine.

Au Moyen-Age, le nombre de moulins à eau explose car on s'en sert pour tout : pour moudre les grains, faire de l'huile, pour élever l'eau, fabriquer des poudres colorantes, pour aiguiser les outils, actionner les tours, battre les draps, le chanvre, le fer, scier le bois et la pierre etc…

Beaucoup de moulins ont été détruits, mais il en reste encore un grand nombre. Prenons un exemple mareuillais : une toute petite rivière comme le Mareuillais garde sur un très court parcours un témoignage de densité exceptionnelle : d'abord la Gauterie, puis le moulin de Chabaudias, appelé parfois "moulin brulé" et que dans ma famille on appelait toujours "moulin Terrade" du nom de la très vieille famille de Saint Pardoux qui l'a possédé jusqu'en plein XXème siècle. Il s'appelle actuellement "Fontverte", dénomination due à des Anglais…

Passons… Puis le moulin de Lageard : vous pouvez encore entendre le bruit de la chute d'eau, et enfin le moulin de Madame ou de la Voulture.
Les meuniers étaient souvent riches et plus instruits : au XVIIIème siècle; à la veille de la révolution, à Saint Pardoux, en dehors du curé, seul le meunier savait lire.

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LES TOPONYMES

La toponymie est la science des noms de lieux.

Très tôt, l'homme a donné un nom aux éléments essentiels du paysage. Les langues ont changé mais pas toujours les noms de lieux et donc certains très anciens sont arrivés jusqu'à nous.

Nous avons en France plusieurs couches de noms : préhistoriques (essentiellement les rivières comme la Dordogne – ou des montagnes comme les Alpes) , gaulois, gallo-romains, occitans dans le sud et enfin français.
Etudier ces noms est passionnant car ils sont les témoins d'une très longue histoire. Mais ce n'est pas facile : il faut une sérieuse culture. Tout d'abord, méfions nous des explications simplistes :
- Bordeaux n'a rien à voir avec le bord de l'eau
- Mareuil ne trouve pas son origine dans les marais ni dans le nom de la Vierge Marie. C'est un nom gaulois assez répandu en France qui vient de maros qui veut dire "grand" et ialos qui veut dire "lieu, clairière".

Prenons quelques exemples dans notre région : au XVIIIème siècle, le curé de Saint Pardoux était très instruit. Il parlait patois avec ses ouailles mais tenait un registre paroissial en français comme la loi l'exigeait depuis François 1er. Il écrit donc : Boisclaveau, Boisgary. En effet le "beau" actuel cache le "bo" c'est à dire le bois : donc Bois fermé et Bois de chênes.

Ces deux noms témoignent des défrichements du Moyen Age. D'ailleurs les termes qui désignent les anciennes forêts abondent dans notre région : par exemple "le Breuil". Le plus curieux est le terme "l'Age" ou "les Ages". Ce sont surtout de petits hameaux de défrichement. On en compte 40 en nontronnais et sur le pourtour du pays de Mareuil.

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LES BELLES EGLISES DE NOTRE REGION

Beaucoup de mareuillais se demandent comment attirer les touristes et négligent une richesse artistique remarquable de la région : nos églises.

Aux alentours de l'an mille, l'Europe se couvre d'un blanc manteau d'églises". Alors naît l'art roman. La plupart des églises sont couvertes par des voûtes en berceau ou en berceau brisé – plus rarement en Périgord – par des voûtes d'arêtes. Mais, dans une petite partie du Sud-Ouest, une solution tout à fait originale est adoptée : on couvre la nef d'une file de coupoles. Quelques grandes églises comme Saint Etienne de la Cité à Périgueux, adoptent ce parti. Pourquoi ? les historiens de l'art en discutent encore. Hélas ! bien des coupoles ont disparu : sur près de 250 recensées en Périgord, 60 n'existent plus. Les guerres de religion ont été terribles chez nous et surtout souvent responsables de l'hécatombe.

Ce qui est très intéressant, c'est l'exceptionnelle densité de ces édifices au Nord-Ouest du Périgord à cheval sur la Charente et la Dordogne (mais n'oublions pas que quelques paroisses maintenant charentaises faisaient partie du diocèse de Périgueux jusqu'à la révolution). Et notre région est donc riche en églises à file de coupoles : deux exemples remarquables intacts : Cherval et Vieux Mareuil. Mais aussi Léguillac (même si des restaurations contestables ont défiguré l'église). Rossignol avait deux coupoles : il en reste une. Paussac etc… Et Mareuil ? L'église paroissiale actuelle est l'ancienne église d'un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Brantôme. Son orientation était totalement différente : elle était parallèle à la route. Et elle était voûtée de coupoles !! il en reste une sous le clocher et si vous vous rendez sur la place, vous verrez le départ d'une coupole et le mur qui ferme l'ancienne nef. Triste exemple de ce qu'ont fait les guerres de religion. Plus tard on a reconstruit une église.
Nous en reparlerons, comme nous reparlerons des autres églises de la région…

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ORIGINES DE LA MAISON DE RETRAITE DE MAREUIL

L'année 2008 vient de s'achever mais peu de mareuillais savent qu'on aurait pu fêter il y a quelques mois le 160ème anniversaire de la fondation de la maison de retraite de Mareuil.

1848 : Madame Gauthier - propriétaire du château de Beauregard – vient de perdre son mari. En souvenir de celui qu'elle considérait comme un homme de bien, elle veut offrir à Mareuil une maison où l'on recevrait des vieillards malades, sans famille et sans ressources et où les femmes dans l'obligation d'aller travailler, pourraient déposer leur enfant. Cette maison, elle l'achète à la famille Duchassaing, qui vient d'hériter d'une belle maison à Rudeau et qui quitte Mareuil. Elle existe toujours : 2 rue du Moulin de Madame. Deux religieuses de la congrégation de sainte Marthe étaient chargées des services hospitaliers et devaient aussi porter secours, hors de l'hospice, aux pauvres et aux malades. La commune de Mareuil assurait aux deux sœurs 400 francs par an. Si des dons étaient faits à l'hospice, la commune paierait moins, mais sa contribution devait toujours être au moins de 200 francs.

Le gouvernement autorisa, par décret du 1er mai 1851, la nouvelle fondation.

Le succès fut immédiat et la commission de l'hospice reconnaît dès 1856 l'insuffisance des locaux. C'est pourquoi la commune fait l'acquisition de la maison de Monsieur de Pindray d'Ambelle. Le prix en est de 25 000 francs, prix très nettement inférieur à la valeur de l'immeuble. Mais monsieur d'Ambelle voulut faire un geste en faveur des plus démunis.

A la même époque, mademoiselle Aglaé Dereix cède sa maison (voisine de celle de monsieur d'Ambelle), un jardin et un vaste enclos et reçoit en échange l'ancienne maison de la rue du Moulin de Madame. La valeur des immeubles était très supérieure à ce qu'elle recevait mais mademoiselle Dereix ne demanda aucune soulte. Dans cette maison, les religieuses ouvrirent une école (gratuite pour les plus pauvres) et installèrent la salle où on recevait les enfants.

Ces deux maisons eurent un destin bien différent : celle de monsieur d'Ambelle fut démolie mais beaucoup d'entre nous l'ont connue. L'autre est actuellement l'accueil de jour.

Par un décret impérial du 20 juin 1860, l'hospice de Mareuil fut érigé en hospice cantonal.
C'est après la 2ème guerre mondiale que commence une toute autre histoire.

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LES FONTAINES SACRÉES

On sait depuis longtemps que les Gaulois vénéraient l'eau, source de vie : les fleuves à leur source (par exemple : la Seine), les gués, mais surtout certaines fontaines étaient l'objet d'un culte très important. Plusieurs de ces fontaines sont à l'origine de villes : Nîmes par exemple ou Bordeaux…

Lors de l'expansion du Christianisme, l'Église n'a pas voulu supprimer le culte des fontaines et les a christianisées, les mettant sous la protection de la Vierge ou des saints guérisseurs. D'où une vénération qui a duré jusqu'à nos jours.

Et en Périgord ? des dizaines de fontaines ont reçu un saint patron. En gros, chaque paroisse a sa fontaine sacrée : celle-ci peut être tout près de l'église ou dans des lieux isolés : ce dernier cas, on le trouve à la Latière (Saint Aulaye) ou à Fongenade dont je reparlerai. On y prie le jour de la fête du Saint, on y vient en pèlerinage. Que veut-on demander ? la pluie, un mari, une postérité, mais surtout la santé. Chaque fontaine a sa spécificité : à Saint Sulpice on porte les enfants chétifs ou malades ou qui ont les jambes croisées.

On fait souvent une offrande : de menues pièces de monnaie, un gâteau, un vêtement d'enfant. Une vieille habitante de Saint Sulpice (toujours en vie ) m'a affirmé avoir encore vu une paire de chaussons d'enfant près de la fontaine.

Mais la plus célèbre des fontaines de notre secteur est celle de Fongenade en la paroisse de Vieux Mareuil (près de la Chapelle Pommier). Dédiée à Saint Jean –Porte-Latine, sa fête se situait le 6 mai. Il y avait ce jour-là une frairie (au milieu de cette zone isolée). Nous avons des témoignages historiques sur cette fontaine :

En 1146, Raymond de Mareuil (évêque de Périgueux) donne Fongenade à l'Abbaye de Saint Amand de Boixe.
En 1490, Saint Amand de Boixe abandonne Fongenade
En 1637 : le jour de la Saint Jean, on disait encore la messe dans la chapelle de Fongenade
En 1835, la frairie de Fongenade avait encore lieu. La messe était célébrée à la Chapelle Pommier, puis on allait en procession à la fontaine. On buvait de l'eau de la source sainte.

De nos jours encore, certains vont recueillir de l'eau et la gardent chez eux comme on le fait pour l'eau de Lourdes.

Alors, je vous demande vos témoignages sur ces sources sacrées (vous pouvez contacter par mail Christiane de Coatpont qui me les transmettra) : elles portent souvent des noms qui rappellent leur ancienneté et leur histoire : Frongenon, Fontroubade, Fontaine du Prêtre…

Que leur souvenir ne se perde pas.
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MAREUIL ET SES MAISONS FORTES

Pendant longtemps, historiens et archéologues du Moyen Age ne se sont intéressés qu'aux constructions Majeures : églises, monastères, châteaux royaux, princiers, comtaux… Ils ont négligé l'habitat des petits seigneurs fonciers car les vestiges sont modestes et ne se laissent souvent appréhender que par un œil averti. Cette situation a changé depuis une trentaine d'années et on porte un grand intérêt aux résidences non châtelaines. Mais beaucoup reste à faire.

Anglais et Allemands sont à la pointe du progrès.

Certaines régions françaises ont fait de gros efforts. En 1999, J.M. Belingard publie un très beau livre : "le Périgord des maisons fortes", mais il n'y étudie qu'une centaine d'édifices, les plus beaux. Or, on évalue à un millier au moins le nombre de ceux-ci : chaque village en possédait au moins un et même parfois plusieurs.

Tout d'abord, une question de vocabulaire . Manoir désigne un domaine agricole d'essence seigneuriale. Sur le plan architectural, il est un intermédiaire entre ferme et château. Une maison forte est un manoir qui possède une série d'aménagements défensifs. Dans notre région, ces maisons ont porté des noms qui sont arrivés jusqu'à nous. Le plus courant : Repaire. A Mareuil, le Repaire, le Repaire de Lageard, à Beaussac, le repaire de Plambeau… On trouve aussi La Salle à Vieux Mareuil.

Ces édifices sont modestes: dans la région, le plan le plus courant (mais pas le seul) : un édifice rectangulaire avec deux pièces par étage et un escalier extérieur dans une tour ronde (le plus souvent) mais aussi carrée ou hexagonale. Le plus bel exemple : le Côte à Beaussac, intact et très bien restaurée. Et aussi chez Goudet à Verteillac. Naturellement ces maisons ont vécu : on a détruit, on a agrandi, on a percé des murs, des fenêtres. Ce qui a souvent survécu c'est l'escalier dans la tour comme au Repaire de Lageard à Mareuil, à la Chabroulie à Sainte Croix.

Les constructeurs étaient très variés : cadets de famille, petits seigneurs, bourgeois, paysans enrichis.

Alors, ce que je vous propose, c'est de vous documenter, d'ouvrir l'œil et de me signaler les vestiges que vous connaissez. Car notre canton est exceptionnellement riche. Les plus connus sont à Vieux Mareuil : La Salle et Fronsac. A Beaussac ; la Côte, le Repaire de Plambeau. A Saint Pardoux : la Morélie, Villars (qui a conservé une superbe cheminée). Aux Graulges : Malut. A Champeau : Puyseché etc.

Naturellement dans cet article, je ne peux pas tout dire. J'attends donc vos réactions et nous en reparlerons.
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"MADOFF" A MAREUIL

L'appât du gain facile et de la vie luxueuse est de toutes les époques. Dans ce domaine aussi, notre époque n'a rien inventé et les mécanismes de l'escroquerie sont toujours les mêmes !!

Au XIXème siècle, Mareuil a eu son escroc, un escroc d'envergure dont la notoriété a largement dépassé le cadre du canton : c'est Hary Cliquet. Ce Cliquet est originaire du Havre où son père était chef de gare. Jeune homme, il travaille chez un notaire à Paris. Les aléas de la guerre de 1870 lui ont fait rencontrer un jeune habitant d'Agonac dont il épouse la sœur (pour son argent).

Alors qu'il n'a pas de diplôme, il acquiert une charge de notaire à Mareuil en falsifiant des documents. Mais ce qu'il aime par dessus tout, c'est écrire des pièces de théâtre (de boulevard) et les monter à Paris, c'est fréquenter les milieux du théâtre et entretenir des actrices.

Et tout cela : achat de la charge de notaire, entretien d'actrices, théâtre… coûte très très cher…

Il ne faut pas oublier que pendant très longtemps les notaires ont joué à la campagne le rôle de banquier. On leur confie ses économies pour qu'ils les placent. Et là, Cliquet va exceller : il inspire confiance et les clients affluent auxquels il promet un intérêt élevé (5% à une époque sans inflation et sans impôt sur le revenu!). Certains clients ont vu Cliquet ouvrir devant eux leur coffre-fort et "Et n'y o" disent-ils. Mais les intérêts sont payés par l'argent des nouveaux venus et l'argent déposé est dépensé en fréquents voyages à Paris, en liaisons ruineuses et représentations théâtrales tout aussi ruineuses.

Cliquet ne s'arrête pas là : il va faire de la politique. Il a compris que le vent tourne et que la République va s'installer solidement. Il sera donc républicain et il se rapproche des milieux républicains. En 1881, il est élu conseiller municipal et grâce à l'appui de ses nouveaux amis, il devient maire de Mareuil : il propose alors la construction d'une balance publique, d'une horloge au fronton de la Mairie et offre 500 francs pour cela (qu'il ne paiera jamais) et il s'efforce de changer l'esprit de la commune.

Mais bientôt les ennuis arrivent : Cliquet perd la mairie (en 1882) et on découvre de très graves anomalies dans sa gestion. Alors des clients ont des doutes, puis des certitudes et portent plainte. Cliquet est arrêté.
Il faudra plus de sept mois aux enquêteurs pour réunir tous les éléments du dossier car ce sont plus de 400 actes établis par Cliquet qui tombent sous le coup de la loi : tous concernant des faux en écriture suivis d'extorsion de fonds.

Au procès, Cliquet reconnaît les faits et les mécanismes de l'escroquerie. Il est condamné à perpétuité, transféré à l'île de Ré, puis envoyé au bagne de Nouvelle Calédonie où il se suicide.

Bien des familles de Mareuil de toutes conditions sociales furent ruinées dans cette affaire. vers haut de page


LA PLACE DES PROMENADES A MAREUIL

Le 22 mai 1836. Devant Maître Aubin Descourades, notaire à Mareuil :
- Léonard Rastouil, ancien juge de paix agissant en son nom et au nom de ses enfants (dont Charles imprimeur à Périgueux) comme propriétaire d'une maison venue de son épouse, Catherine Chancel.
- Jean Janet, traiteur, propriétaire d'une auberge place de l'église : hôtel du Soleil d'or
- Pierre Labrugière
Vendent à Monsieur François Pichon, médecin, agissant comme maire de Mareuil, des terrains pour l'agrandissement du champ de foire et l'établissement d'une promenade publique à prendre dans les jardins des vendeurs et bordant le champ de foire :
Soit : 750 m2 pour Monsieur Rastouil
895,5 m2 pour monsieur Janet
204 m2 pour Monsieur Labrugière
Monsieur Janet avait un puits qui devient propriété de la commune, mais il conserve le droit de puisage.
Le tout pour 2766,30 francs. Le financement est prévu avec méticulosité dans l'acte notarié
Ce texte qui semble banal, nous apprend beaucoup de choses. D'abord nous faisons connaissance avec les vieilles familles de la région
Madame Rastouil était née Chancel. Ces Chancel semblant venir de Champagne et Bourjac. On les retrouve notaires à Mareuil, à Champagne à la fin du XIIème siècle et le XVIIIème siècle. Ils s'allient à toute la bourgeoisie du coin. Leur maison : l'actuel HLM. Quant au fils Rastouil, imprimeur, il semble avoir réussi puisqu'il y avait encore à Périgueux, il y a peu, une imprimerie Rastouil.
La famille Labrugière occupait l'actuelle maison du docteur Clément. Là aussi, des notaires de Mareuil.
Quant aux Janet, ils venaient de La Rochebeaucourt et tenaient une auberge à côté de l'actuelle mairie. L'ensemble allait loin derrière et beaucoup d'entre nous ont connu leur puits qui fut muni plus tard d'une pompe. Les anciennes cartes postales nous montrent cette pompe au milieu des promenades. L'auberge a fonctionné très longtemps, jusqu'à la fermeture du restaurant café de madame Faure (que là aussi certains d'entre nous ont connu).
En 1835, (soit quelques mois avant la vente) les Janet avaient cédé leur affaire à leur fils (qualifié de cuisinier) : soit maison, cour, grange, écuries et jardin séparé de l'hôtel par la promenade appelée "sous les murs".
Mention capitale dont je reparlerai dans un prochain article car on entre là dans la vieille histoire de Mareuil

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Madame LEGROS

Nous avons appris récemment le décès de Madame LEGROS. Je ne veux pas parler ici de sa générosité envers les autistes mais à l'occasion de sa mort parler d'histoire de Mareuil, et même évoquer des aspects de ce que l'on appelle (à tort) la grande histoire .

Madame LEGROS était née Simone GAUTHIER. Par son père, elle appartenait à cette famille qui est à l'origine de la maison de retraite de Mareuil (fondée en 1848 par une Madame Louis GAUTHIER) et dont vous pouvez voir aussi le nom sur la croix qui se trouve à Saint-Pardoux de Mareuil, au pied de la maison de Monsieur VIVES.

Mais le plus intéressant est sa famille maternelle. Sa grand-mère était née DEFFRANCE. Si vous n'êtes pas habitués aux archives locales, vous trouvez fréquemment des mentions de cette famille : marchands, notaires, juges, propriétaires terriens….

Qui étaient ces DEFFRANCE ? leur nom nous donne la réponse : ils étaient de France, c'est-à-dire de la région que nous appelons maintenant « Ile de France ». Et nous allons nous interroger sur l'arrivée de ces parisiens en Périgord. Pour cela il faut remonter à l'épidémie de peste noire à la guerre de cent ans qui a ravagé la France mais plus particulièrement notre région. Les répercussions de ces catastrophes sur la population sont terribles : à la fin du XIVème siècle on note une baisse très impressionnante du nombre d'habitants. Des villages sont totalement abandonnés (nous avons un exemple sur la commune de Sainte-Croix, au lieu-dit « Les Essarts ») des terres sont en friches… les églises et les habitations s'écroulent. Un exemple : la paroisse de Blanzaguet n'a plus que deux paroissiens en 1433 !

Alors, il faut repeupler, relever les ruines et donc faire appel à des nouveaux venus. Ceux-ci peuvent venir du voisinage, mais aussi de l'extérieur. Beaucoup n'ont pas laissé de traces, sauf dans des hameaux qui portent un nom d'habitant précédé de CHEZ. Chez Marot*, par exemple. Les DEFFRANCE ont eu un autre destin. On les voit s'élever socialement, s'enrichir, s'allier avec des familles de notables du coin. Leur maison existe toujours à Mareuil. Elle présente un grand intérêt avec une partie ancienne que la famille appelait « la vieille maison », et une partie plus récente du XVIII – XIXème siècle. Elle contenait un mobilier local fort intéressant mais malheureusement dispersé (et volé) dans les années 70. La famille possédait aussi à Villars une maison qui existe toujours. Quant aux tombes des membres de la famille elles sont soit dans le cimetière de Saint-Pardoux, soit dans celui de Mareuil. Lorsque le cimetière fut déplacé au milieu du XIXème siècle, certaines familles transportèrent leurs pierres tombales dans le nouveau lieu de repos. Il reste deux pierres DEFFRANCE très remarquables. On veut espérer que ces pierres seront sauvées, et ce, même s'il n'y a plus d'héritier.

On retrouve une aventure familiale similaire à Nontron avec la famille PASTOUREAU. Là aussi le nom est révélateur : ce n'est pas un nom « occitan »**. Les PASTOUREAU ont prospéré : marchands, notaires, médecins, et il n'y a pas de familles notables en nontronnais qui ne descendent d'eux. A toutes les générations, ils ont eu de nombreuses filles à marier, bien dotées !!!

*ou des noms avec le suffixe « ie » exemple : La Meynardie : domaine de MEYNARD, La Gauterie : domaine de GAUTIER, etc… ** ils disaient venir du Poitou

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Hélie LEGROS,  Maître potier d’étain

Le 1er samedi de septembre 2012, l’Association PERIGORD-QUEBEC a apposé sur le clocher de l’Eglise de Mareuil une plaque à la mémoire d’Elie LEGROS ; né à Mareuil en 1708, il partit comme soldat pour le Canada, s’y établit, se marie à Montréal en 1738, a deux enfants et meurt en 1774 ; d’où une nombreuse descendance.

Ce mareuillais était le fils d’Hélie Legros, Maître potier d’étain qui épouse en 1695 à Mareuil Marguerite Duclou (ou selon d’autres sources Madeleine Dufesny). Helie eut plusieurs enfants, tous nés et baptisés à Mareuil. La postérité de l’une de ses filles nous est connue ; elle épousa un avocat de Verteillac, Fayolle-Lussac. La famille Fayolle est une très ancienne famille de Verteillac et Lusignac et quelques uns de ses descendants y vivent toujours. Une branche de la famille s’installa même à Mareuil au début du XIXème siècle. Enfin, pour les mareuillais l’avocat Fayolle n’est pas un inconnu ; son témoignage concerne l’histoire du château de Mareuil. Le 13 juillet 1779, il se présente au château pour faire hommage, au nom de René de Lageard, au baron de Mareuil. La concierge lui dit «  que le comte de Périgord » n’y était point et qu’il ne l’y avait jamais vu » (donc le château n’était plus habité).

Mais qu’est-ce qu’un potier d’étain ? Le terme vient de ce que l’artisan utilise essentiellement le moulage (avec des moules en bronze) car l’étain fond à basse température. Autrement, techniques et outillage sont les mêmes que ceux des orfèvres d’argent. C’est pourquoi on peut parler d’orfèvres d’étain. Il faut aussi rejeter l’expression presque péjorative « argenterie du pauvre »  car dans de très nombreuses maisons nobles et bourgeoises, orfèvrerie d’argent et orfèvrerie d’étain se côtoyaient.

La production était incroyablement variée : d’abord des ustensiles courants : pichets, mesures, matériel médical, bougeoirs et chandeliers, objets de culte etc…. . D’un autre côté, une orfèvrerie raffinée pour la table qui a produit des chefs d’œuvres. Apogée : 1610-1730. Ensuite lent déclin. Ce qui est étonnant, c’est qu’un artisan ait pu vivre de son art à Mareuil. C’est le signe de la prospérité de cette ville. Naturellement, nous ne connaissons pas la production d’Hélie Legros. En principe, les objets fabriqués portent un poinçon, mais est-ici le cas ?

Pour finir, deux anecdotes.

M. Tardieu lorsqu’il était garde champêtre, faisait de bonne heure le tour de Mareuil ; le jour le la colllecte des ordures, il avait récolté plusieurs étains jetés à la poubelle.

Jean Baptiste Fayolle- Lussac, juge de paix à Verteillac, né en 1775, se marie en 1828 et énumère ses possessions dans son contrat de mariage : après 120 draps de lit et 70 nappes, il nous informe qu’il possède 60 kilos d’étain, principalement en plats et assiettes et en plus 12 flambeaux d’étain. Héritage familial ? peut-être.

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LES ORIGINES DE MAREUIL

A la place de l’actuel Mareuil, il y avait un prieuré qui dépendait de l’abbaye de Brantôme. Une étude récente a retracé la vie des anciennes dépendances des grandes abbayes. Un prieuré, c’est une exploitation agricole. Y vivent quelques moines : 5 à 6 le plus souvent détachés de l’abbaye-mère. Il est très vraisemblable que les seigneurs de (Vieux) Mareuil aient donné un domaine à Brantôme. A quelle époque ? nous n’en savons rien car le cartulaire (catalogue des biens d’une abbaye) n’existe plus. Par contre, c’est indirectement que nous avons une idée des biens possédés : dans une seconde moitié du XVIIIème siècle, Monsieur FAURE du PLANTIER, avocat à Mareuil, achète à l’abbaye des biens sis à Mareuil : les terrains situés à côté de l’église, en face de sa maison et le moulin du Prieuré,lequel, bien changé existe toujours. Les ignorants l’appellent parfois “le moulin de la route de Nontron”. Les descendants de Monsieur FAURE” cédèrent la plus grande partie de ces biens à la commune dans des conditions dont j’ai parlé dans un article précédent. Un morceau fut donné à la paroisse pour construire la Salle Jeanne d’Arc.

Ce prieuré avait une chapelle : c’est l’église actuelle de Mareuil. Elle était voutée d’une file de coupoles comme c’est très souvent le cas dans notre région : à Vieux-Mareuil, à Léguillac, à Cherval etc.. Une seule coupole a survécu, sous le clocher on voit le départ d’une autre à l’extérieur. L’orientation de l’église était radicalement différente de celle de l’église actuelle : l’édifice était parallèle à la route. Tout autour il y avait un cimetière et quand on fait des travaux, il n’est pas rare de retrouver des squelettes et surtout des sarcophages qui malheureusement ont été détruits (très récemment encore). A quel moment le prieuré lui-même a-t-il disparu ? nous n’en savons rien. En tout cas, un pouillé du XIIIème siècle (un pouillé est un acte recensant tous les biens d’un diocèse) écrit : MONASTERIUM SANCTI LAURENTI ET CAPELLA SANCTAE MARIAE. Le même pouillé parle

Le même pouillé parle de VETUS MAROLIUM (Vieux-Mareuil). Ces simples mentions nous apprennent :

- Que le prieuré est toujours là

- Qu’il y a déjà une chapelle de la Vierge à Mareuil. Où ?

- Que Mareuil a pris une certaine importance par rapport à Vieux-Mareuil, sans doute à cause du château.

Les bâtiments du prieuré devaient se trouver à l’emplacement de la mairie, mairie qui a conservé quelques vestiges du Moyen-Age : une porte, une cheminée monumentale dans le bureau du maire. Il y avait tout près, dans l’ancien garage Chaunis, un morceau de chapelle romane que les plus anciens d’entre vous ont dû voir. Il est détruit.

Le prieuré et le château n’étaient pas seuls dans le paysage mareuillais. Ce qui frappe actuellement encore à Mareuil, c’est l’existence de deux entités très différentes : une rue d’un kilomètre le long de l’ancienne route, un ensemble construit autour d’une place.

Commençons par ce dernier ensemble : c’est l’actuelle place du marché. Il y avait au centre une halle (et peut-être même deux) qui est citée dans les actes anciens. Comment était-elle ? Peut-être la halle de Villebois nous donnerait une idée de cet édifice. Elle fut remplacée au XIXème siècle par une construction massive qu’une carte postale nous fait connaître et qui a brulé totalement en 1905.

Tout autour de la place, il reste plusieurs maisons du Moyen-Age. Vous ne les voyez pas ou à peine mais elles sont là ! La plus connue est le Repaire de Lageard. Un recensement de ces maisons est absolument nécessaire. A l’époque moderne, des façades neuves furent construites.

Ce très vieux noyau pose de grands problèmes à l’historien. A l’origine, était-on sur le territoire des Seigneurs de Mareuil ? Les paroisses de saint Pardoux et de Saint Priest sont ici mitoyennes . Sur le cadastre de Mareuil (celui du début du XIXème siècle) ont voit tout un tracé de chemins anciens qui devraient être étudiés de près.

L’autre secteur de Mareuil va du château à la Croix d’embranchement de la route de Montbreton. Mareuil s’arrêtait là, et il faudra attendre la seconde moitié du XIXème siècle pour que le haut de Mareuil ne dépende plus de Vieux-Mareuil.

Ce quartier est né le long de la vieille voie romaine de part et d’autre de l’ancien prieuré et au pied du château. C’est un quartier très intéressant pour l’historien.

A partir du XIème siècle, l’Europe connait une remarquable explosion démographique et une colonisation de nouvelles terres (forêts essentiellement) avec création de villages neufs. Puis avec les luttes franco-anglaises, les deux protagonistes vont créer des “bastides” le long de leurs frontières pour marquer leur territoire. Des seigneurs vont créer aussi villes et villages neufs. Mareuil semble appartenir à cette dernière catégorie. Malheureusement aucun document n’a été conservé. A l’origine, sans doute un paréage entre seigneur de Mareuil et abbé de Brantôme (un paréage est une association formée pour l’exploitation d’un bien).

Le cadastre ancien de Mareuil nous montre ce qu’a été cette fondation. Des lots identiques avec façade sur la rue et derrière des jardins allongés. Avec le temps, naturellement, bien des modifications ont eu lieu : certains ont récupéré plusieurs lots, on a construit dans des jardins, mais un examen attentif nous permet de reconnaître beaucoup de ces parcelles. Cet ensemble fut doté d’un système de défense dont j’ai déjà parlé.

La création de ce nouvel ensemble a certainement réussi. Les lots furent construits puisque la plupart des maisons datent du Moyen-Age, même si vous ne le voyez pas toujours. La rue était alors beaucoup plus étroite et l’est restée longtemps. En 1811, Monsieur de RECLUS fait construire sa maison, 13 rue du Château et lorsqu’il clôture sa cour, il prend soin de faire constater officiellement que loin d’empiéter sur la voie, il a donné à la rue une largeur qu’elle n’avait jamais eue ! sous la restauration, de grands travaux eurent lieu sur la route Royale Périgueux-Angoulême. La rue fut élargie et les façades furent reculées et refaites sur un côté de la route. Ces travaux modifièrent profondément les maisons mais bien des parties anciennes subsistent encore.

Cette partie de Mareuil semble avoir été le siège de l’autorité, l’autre noyau étant plus consacré au commerce, mais il ne faut pas exagérer les différences. Curieusement, cette opposition a perduré. (A suivre)

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Journal De la belle à la nizonne - Elisabeth de Coatpont